La ZR est la vision Nikon de la caméra plein format ultra-compacte. Elle reprend l’électronique du Z6 III, élimine tout ce qui prend de la place, et adopte un grand écran et des fonctions vidéo avancées (RAW, son 32 bits interne). De quoi concrétiser le rachat de RED et attaquer frontalement la Sony FX3.
Nikon ZR : réponse à l’EOS C50 ou anti-FX3 ?
Après quatre ans de relative tranquillité, la Sony FX3 revient brutalement sous les feux des projecteurs en cette rentrée 2025. Hier, Canon présentait l’EOS C50, sa première caméra de cinéma vraiment compacte. La comparaison était inévitable, la FX3 étant l’étalon de ce type d’appareil. Cependant, Canon visait plus haut : un peu plus encombrant, nettement plus complet.

Moins de 24 heures plus tard, c’est au tour de Nikon de présenter sa caméra plein format ultra-compacte. Et cette fois, il s’agit réellement d’une « anti-FX3 », avec un style de petit pavé sans viseur et des dimensions très proches. La ZR, puisque c’est son nom, mesure 13,4 cm de largeur, 8 cm de hauteur, et pèse 630 g. C’est à peine 5 mm de plus que la FX3, et 85 g de moins.
La ZR, un Z6 III allégé ?
L’autre point commun avec la FX3, c’est l’idée de base : plutôt que créer une caméra de A à Z, réutiliser un appareil photo très réussi. La ZR est, en résumant abruptement, un Nikon Z6 III amputé du viseur.
Elle reprend donc naturellement son capteur semi-empilé de 24 MP. Celui-ci assure d’excellentes performances : il est capable de lire tous ses photosites 120 fois par seconde. Sa vitesse de lecture réduit aussi le rolling shutter, souvent critique sur les caméras modernes à capteur CMOS.

Sans surprise, Nikon propose donc des cadences de capture élevées. En pleine largeur, la vidéo atteint 60 im/s. Elle s’enregistre directement en 6K ou en redimensionnement 4K. En 4K recadrée (correspondant à un format APS-C), la ZR filme 120 im/s. Et en Full HD, elle peut pousser à 240 im/s.
Notez que la stabilisation du capteur du Z6 III est toujours présente. C’est une petite surprise, les caméras y renonçant généralement pour améliorer la dissipation thermique. De plus, la ZR n’a pas de ventilateurs : elle utilise un refroidissement passif. Il faut donc s’attendre à ce qu’elle chauffe plus que certaines concurrentes. La comparaison avec la FX3, elle aussi dotée d’une stabilisation mécanique mais ventilée, sera intéressante.
Une dose de RED
L’an passé, Nikon a racheté Red Digital Cinema, fabricant des caméras RED. Celles-ci ont marqué l’histoire du cinéma il y a une quinzaine d’années en proposant la 4K60 et l’enregistrement RAW dans des boîtiers compacts. La ZR est le premier fruit de cette union.

Le symptôme le plus évident de ce pedigree est l’utilisation du codec R3D NE. Celui-ci est basé sur le Redraw des caméras RED. Il enregistre donc des données brutes sur 12 bits, avec un choix d’espaces colorimétriques REDWideGamutRGB ou Log3G10. Il est donc possible d’intégrer la ZR directement sur un plateau de tournage équipé de RED, de mélanger les rushs et de les monter tous ensemble avec les mêmes profils. Neuf préréglages RED sont d’ailleurs proposés comme bases d’étalonnage.
La ZR reste cependant une vraie Nikon. Elle propose donc également le RAW maison, baptisé N-RAW. Le ProRes RAW HQ est également présent. Quel que soit le format choisi, l’image mesure 6048 × 3402 px : la ZR ne filme qu’en 16/9. Une petite limite à connaître à l’heure où l’enregistrement « open gate », au format natif du capteur, devient quasi standard.
Formats compressés de la Nikon ZR : définition limitée
Pour ceux qui n’ont pas envie de traiter 3780 Mbps (soit un bon 500 Mo/s avec le son), Nikon propose naturellement des formats compressés. La meilleure qualité sera obtenue en ProRes 422 HQ sur 10 bits. Le plus courant H.265 est également proposé, en 10 bits ou en 8 bits mais uniquement avec un échantillonnage 4:2:0. Petite curiosité : dans tous ces formats, la définition est légèrement inférieure à la pleine largeur du capteur. Il faudra se contenter de 5376 × 3024 px au maximum. Le mode 4K est au format UHD (3840 × 2160 px). La ZR ne propose donc pas de format cinéma.
Dans tous les cas, l’enregistrement en log est heureusement prévu. Nikon annonce une plage dynamique de 15 IL en Log3G10, sans préciser celle disponible en N-Log – mais elle devrait logiquement rester assez proche.
Notez que les formats de qualité imposeront l’utilisation d’une carte mémoire CFexpress B. En effet, contrairement à la plupart des concurrents, Nikon n’a pas adopté un second port SD UHS-II, qui proposerait des performances adéquates pour de la 4K avec une compression de bonne qualité. À la place, le second port accepte des cartes Micro SD, avec un bus UHS-I maximum.
Le son, le point fort inattendu de la Nikon ZR
Depuis l’apparition du cinéma parlant, la prise de son a toujours été essentielle. Récemment, la tendance à alléger les équipes de tournage et le matériel, sur le modèle du reportage, a mis l’accent sur la possibilité d’avoir un excellent son directement dans les caméras. Comme les concurrents, Nikon a donc doté la ZR d’une entrée son numérique sur la griffe porte-accessoire, en plus du classique mini-jack stéréo. Une sortie casque permet également de surveiller la qualité d’enregistrement.

Mais cela cache deux originalités. D’abord, le format audio est un 32 bits flottant. Ce n’est pas tout à fait une première : Panasonic a ouvert le bal. Mais Nikon va plus loin : il n’est pas nécessaire de passer par une mixette dédiée pour profiter de ce format. Il est disponible avec les micros externes compacts et même sur les micros internes.
Ensuite, les trois capsules intégrées à la caméra permettent de choisir cinq directivités. Vous pouvez donc opter pour un enregistrement omnidirectionnel, stéréo, concentré sur l’avant ou l’arrière, ou encore super directionnel. Cela ne remplacera pas des micros externes, mais pour un reporter, il s’agit d’une aide précieuse.
Et pour les photographes ?
Comme les autres caméras récentes, la ZR regorge de technologies initialement développées pour les appareils photo. Son autofocus utilise l’apprentissage profond pour reconnaître personnes (y compris visages et yeux), animaux et véhicules. La sensibilité du capteur permet de faire le point jusqu’à -10 IL.

Et naturellement, elle conserve les capacités photo du Z6 III, notamment la rafale à 20 im/s en RAW et jusqu’à 120 im/s en JPEG ou HEIF. Elle reste donc un excellent appareil photo, les limites étant essentiellement ergonomiques. L’absence de viseur est plus gênante en photo qu’en vidéo, de même que la disparition de la molette des modes et de nombreuses touches personnalisables. Le grand écran de 4″ permet de nombreux réglages dans un parfait silence : c’est idéal pour les tournages, mais moins pratique pour les photos.
Nikon a donc, sur ce point, été plus loin que la concurrence. La prise en main de la ZR est réellement optimisée pour la vidéo au point de limiter l’accès aux réglages photographiques.
Prix et disponibilité
La Nikon ZR sera disponible en octobre.
- Nikon ZR nue : 2349,90 €
- Kit Nikon ZR + 24-70mm F4 : 2949,90 €
- Kit Nikon ZR + 28-135mm F4 PZ : 4879 €
Nous vous proposerons également deux kits plus lumineux :
- Nikon ZR + 35mm F1.4 : 2889 €
- Nikon ZR + Tamron 28-75mm F2.8: 2949 €
Enfin, si vous cherchez à remplacer votre FX3, nous vous proposons le kit ultime pour utiliser tous types d’optiques : Nikon Z naturellement, mais aussi Sony E et FE.
- Nikon ZR + Megadap ETZ21 Pro+ : 2499 €


